La semaine dernière, le gouvernement Trump a inscrit Huawei sur sa liste noire. Résultat : les entreprises américaines ne peuvent plus faire affaires avec le groupe sans risquer d’énormes pénalités. Google n’a pas traîné pour s’aligner, mais ce n’est pas le seul à agir ainsi.
Selon Reuters et confirmé par The Verge, le géant de la recherche a suspendu toute collaboration avec Huawei impliquant du matériel, des logiciels ou des services. Sauf que vous conserverez l’accès au Play Store. Pour l’instant.
Pour les questions des utilisateurs de Huawei concernant nos démarches de conformité avec les récentes mesures du gouvernement américain : nous vous assurons que, bien que nous nous conformions à toutes les exigences du gouvernement américain, des services comme Google Play et la sécurité de Google Play Protect continueront à fonctionner sur votre appareil Huawei existant.
– Android (@Android) 20 mai 2019
Quelques heures après cette annonce, Android a précisé que les appareils Huawei conserveraient accès au Play Store. Sans lui, les téléphones Huawei seraient quasiment inutilisables. Pour 70% des 2 milliards d’utilisateurs Android, cette plateforme reste la source principale pour installer des applis.
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Le problème : Huawei n’aura pas accès à Android Q, la prochaine version prévue pour fin 2019. Le groupe devra compter sur son propre fork Android, qu’il développe depuis 2012 et a relancé l’année dernière en anticipation de ce scénario.
Avoir accès au Play Store, oui, mais ce n’est que la moitié du problème. Les éditeurs d’applis peuvent bloquer leurs services sur les terminaux Huawei. VLC l’a déjà fait l’année dernière, trouvant les performances insuffisantes.
Pire encore : Gmail, Google Maps, Google Photos, Google Drive manquent à l’appel. Il y a de fortes chances qu’ils soient bloqués pour les téléphones Huawei. Si c’est le cas, l’avenir du groupe s’assombrit sérieusement. Pas tant aux États-Unis, où les opérateurs le refusent déjà depuis des mois, mais partout dans le monde, sauf en Chine où il peut ignorer les services Google et les réseaux sociaux occidentaux.
Les ennuis pour Huawei ont commencé l’année passée quand Washington a bloqué un accord commercial avec les grands opérateurs américains. L’accusation : être un bras armé du gouvernement chinois. Le patron de Huawei a nié, bien sûr.
Index
- 1Google n’est pas le seul à respecter le blocus
- 2Qu’arrivera-t-il à mon Huawei ?
- 3Quelle sera la réponse de la Chine ?
- 4Et en Europe ?
- 5Adieu aux aspirations de Huawei
Google n’est pas le seul à respecter le blocus
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Au-delà de Google, Intel et Qualcomm ont annoncé qu’ils arrêtaient toute collaboration avec Huawei. Pour Intel, c’est un coup dur : la gamme de laptops Huawei, réputée pour son excellent rapport qualité-prix, perd son accès aux processeurs du géant.
AMD, fabricant également de processeurs, ne pourra pas non plus vendre à Huawei. Le seul recours serait de développer son propre processeur, très peu probable, plus un système d’exploitation qui ne pourrait pas être Windows non plus.
Qualcomm risque le plus de cette décision. Le gouvernement chinois pourrait bien décider que les marques asiatiques (Xiaomi, OnePlus, Oppo, Vivo…) abandonnent les puces Qualcomm pour utiliser le Kirin de Huawei ou celles de MediaTek. Ce serait une légitime rétorsion.
Qu’arrivera-t-il à mon Huawei ?
Franchement, impossible de dire avec certitude ce qui attend votre Huawei. Un détail clé : Android Q ne sera jamais livré à Huawei. Le nouveau P30 et ses variantes resteront sans mise à jour majeure.
Si vous songez à renouveler votre téléphone, peut-être vaut-il mieux attendre de voir comment la situation évolue. Si l’attente vous pèse et que vous êtes impatient, choisissez un autre fabricant.
Si les entreprises américaines bloquent l’installation de leurs applis sur les téléphones Huawei, ça impactera non seulement les modèles futurs mais aussi ceux actuellement en vente. Les utilisateurs devront se contenter des versions web pour Facebook, Twitter ou Instagram, mais pas WhatsApp qui exige une appli pour fonctionner.
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Quelle sera la réponse de la Chine ?
La Chine bloque déjà Facebook, Twitter, WhatsApp et consorts. Elle ne peut pas faire grand-chose d’autre sans s’isoler davantage. Sauf que la Chine conserve un avantage majeur.
Si le gouvernement prend des mesures qui endommagent les ventes de terminaux, c’est le plus grand marché au monde après l’Inde qui souffre. Les ventes plongent, les usines de composants et d’assemblage situées en Chine trinquent : licenciements, réduction de personnel, chute de la demande.
Et en Europe ?
Huawei s’est largement investi dans le développement des réseaux 5G. Une majorité d’antennes en Europe vient de ce fabricant, comme aux États-Unis. Si l’Union européenne suit les pas de Washington, peu probable pour l’instant, ce serait le coup de grâce pour Huawei. Deux marchés majeures perdus en dehors des États-Unis et de l’Europe, c’est inévitable.
Adieu aux aspirations de Huawei
En 2018, Huawei était le fabricant à la croissance la plus rapide au monde malgré son absence américaine. Les chiffres parlaient : une hausse de 34,8% et plus de 200 millions de téléphones vendus. Le rêve était simple : rattraper Apple en deuxième position, puis déloger Samsung du sommet.
Ce rêve vient de prendre un coup. Les consommateurs vont réfléchir à deux fois avant d’acheter un Huawei. Oui, les téléphones sont bons. Mais rester coincé sur une version Android maison, sans les nouvelles fonctionnalités que Google ajoute chaque année, sauf si Huawei les copie une par une, c’est un réel problème.
